La phase pilote du programme ACTS lance un programme en ligne à l’échelle du continent consacré à la mobilité, à la reconnaissance et à l’intégration dans l’enseignement supérieur africain

Plus de 200 participants issus de 26 pays africains ont pris part au lancement du programme en ligne de la phase pilote de l’ACTS, le 26 mai 2026, marquant ainsi une étape importante dans les efforts actuellement déployés pour renforcer la mobilité universitaire, la reconnaissance et l’intégration au sein des systèmes d’enseignement supérieur africains.

Réunissant des représentants d’universités, de ministères, d’agences d’assurance qualité, d’autorités chargées des certifications, d’organisations régionales, d’associations étudiantes et d’initiatives en faveur de la mobilité, ce lancement a marqué le début d’un processus à l’échelle du continent de réflexion collective et d’expérimentation autour du Système africain de transfert de crédits (ACTS), actuellement en cours d’élaboration dans le cadre de HAQAA3.

De la consultation à la mise en œuvre

La phase pilote s’appuie sur un travail approfondi mené tout au long des années 2024 et 2025. Au cours de l’année 2024, des consultations ont été organisées avec des universités, des autorités nationales, des agences d’assurance qualité, des autorités chargées des certifications et des organisations régionales à travers le continent afin de mieux comprendre les pratiques existantes et les attentes en matière de mobilité, de reconnaissance et de coopération universitaire. Les conclusions ont été synthétisées dans le rapport ACTS sur l’état des lieux, publié en 2025, qui a mis en évidence à la fois la diversité des approches existantes à travers l’Afrique et le vif intérêt pour le développement d’instruments concrets capables de soutenir la mobilité et la reconnaissance tout en respectant l’autonomie institutionnelle, les contextes nationaux et les réalités régionales.

Plutôt que de proposer un modèle unique, les consultations ont mis en évidence la nécessité d’une approche souple et pilotée par l’Afrique, capable d’instaurer la confiance et de faciliter la coopération entre les institutions et les systèmes.

Un processus mené par l’Afrique

La phase pilote du programme ACTS rassemble 12 pays pilotes représentant différentes traditions linguistiques, régionales et universitaires à travers le continent: l’Angola, le Botswana, le Cameroun, l’Égypte, l’île Maurice, le Maroc, le Mozambique, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l’Afrique du Sud et l’Ouganda.

Ce processus bénéficie du soutien d’une équipe africaine d’experts de l’ACTS ainsi que d’organisations régionales telles que l’IUCEA, le CAMES, le RAFANAQ, la SARUA et d’autres partenaires, comme l’Union des étudiants d’Afrique (AASU), qui s’impliquent activement dans les domaines de la mobilité, de l’assurance qualité et de la coopération en matière d’enseignement supérieur. Le projet pilote bénéficie également de la participation d’universités issues de plus de 20 pays africains participant au Programme de mobilité universitaire intra-africaine, financé par l’Union européenne, dont l’expérience pratique apporte un éclairage précieux sur les opportunités et les défis liés à la mobilité universitaire entre les pays africains.

Ensemble, ces acteurs contribuent au développement et à la mise à l’essai de l’ACTS dans le cadre d’un processus qui place les expériences et les priorités africaines au cœur de la démarche.

Bien plus qu’un simple programme de formation

Au cœur de la phase pilote se trouve un programme en ligne multilingue disponible en anglais, en français et en portugais. Structuré autour d’une série de modules thématiques, ce programme associe des supports écrits, des vidéos, des débats régionaux en direct et des activités de réflexion institutionnelle destinées tant aux universités qu’aux autorités nationales.

Plutôt que de fonctionner comme un programme de formation traditionnel, ce programme en ligne a été conçu comme un espace collaboratif où les participants peuvent analyser les pratiques existantes, partager leurs expériences et mener une réflexion collective sur la manière de renforcer la mobilité et la reconnaissance à l’échelle du continent.

Le premier module a abordé la relation entre l’intégration régionale, la coopération dans l’enseignement supérieur et la mobilité universitaire. Le deuxième module est consacré aux crédits universitaires et aux programmes d’études, tandis que les prochains modules examineront de manière plus approfondie la mobilité, le transfert et la reconnaissance des crédits.

Avantages pour les universités et les autorités nationales

Pour les universités, cette participation offre l’occasion d’examiner les pratiques institutionnelles liées à la conception des programmes d’études, aux crédits universitaires, aux programmes de mobilité et aux procédures de reconnaissance, tout en tirant les enseignements des expériences menées dans différentes régions d’Afrique. Pour les autorités nationales, ce projet pilote constitue une plateforme permettant de mener une réflexion sur les cadres politiques, les systèmes de certification, les stratégies de mobilité et les mécanismes de reconnaissance, ainsi que d’interagir directement avec les établissements confrontés à des défis concrets de mise en œuvre.

Pour ces deux groupes, ce processus offre une occasion unique de contribuer au développement futur de l’ACTS et du Guide de l’utilisateur de l’ACTS, ainsi que de façonner les débats continentaux sur la mobilité et la reconnaissance par le biais du réseau des ambassadeurs de l’ACTS dont ils feront partie.

Instaurer la confiance au-delà des frontières

L’un des messages clés qui ressort de ce projet pilote est que La mobilité ne dépend pas de l’harmonisation des systèmes d’enseignement supérieur. Elle repose plutôt sur la coopération, la confiance et les modalités pratiques entre les établissements opérant dans différents contextes nationaux et régionaux.

En ce sens, l’ACTS n’est pas conçu comme un mécanisme de normalisation, mais comme un outil susceptible de faciliter la coopération tout en respectant la diversité. Le projet pilote vise donc à renforcer les conditions qui rendent la mobilité possible : la compréhension mutuelle, la transparence, les pratiques de reconnaissance et le dialogue entre les institutions et les autorités.

Un effort à l’échelle du continent

Le lancement de ce programme en ligne a mis en évidence le vif intérêt qui existe dans toute l’Afrique pour la promotion de la mobilité et de la reconnaissance, dans le cadre d’efforts plus larges en faveur de l’intégration régionale et de la coopération universitaire.

Au cours des prochains mois, les participants poursuivront leurs travaux dans le cadre de groupes régionaux, d’activités de réflexion et de sessions en direct animées par des experts de l’ACTS et des partenaires régionaux. Les résultats de cette expérimentation collective contribueront directement à l’élaboration de conseils pratiques, de recommandations politiques et de futures voies de mise en œuvre pour l’ACTS.

Alors que les systèmes d’enseignement supérieur africains sont de plus en plus interconnectés, la phase pilote de l’ACTS constitue une occasion importante de mettre au point des solutions ancrées dans les réalités africaines, tout en contribuant à un espace continental de l’enseignement supérieur plus intégré.

Publications similaires